Yves Paccalet
est un intellectuel multi-casquettes (naturaliste, romancier, philosophe, journaliste, etc...), dont le combat pour le respect de l'environnement remonte aux années 1970, à l'époque où il
débutait dans l'ombre du commandant Cousteau. En une vie d'observation et d'espoirs déçus, Paccalet est passé de l'ombre à la lumière, ou inversement, selon les points de vue. Aujourd'hui,
le naturaliste français est un humaniste repenti, et le portrait qu'il dresse de l'humanité et de ses chances de survie est édifiant. Contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser,
"L'humanité disparaitra, bon débarras !" n'est pas un livre violent, ni même réellement polémique. Il s'appuie sur des faits scientifiques, économiques, et sociologiques, non sans une
dose d'humour noir et d'ironie, pour prédire - ou plutôt prévoir - à plus ou moins longue échéance l'avenir des Homos sapiens que nous sommes : aucun. Selon son analyse, tout concourt à
une extinction prématurée de l'espèce. Les causes qu'il désigne ne sont pas nouvelles (surpopulation et raréfaction des ressources, dégradation accélérée du climat dûe à la pollution humaine,
risque de conflit nucléaire, etc...). Yves Paccalet s'en prend à notre système économique, dont la dépendance à une perpétuelle croissance nous précipite dans le gouffre (+ de consommation = + de
pollution), il égratigne copieusement la nature de l'homme, sa prétention à se croire indispensable et propriétaire de la planète, son incapacité à voir plus loin que le bout de son nez. Et
Paccalet ne se place pas vraiment au dessus de la mêlée, nous sommes tous des Homos sapiens, et à plus ou moins grande échelle, tous responsables de l'état piteux dans lequel se trouve notre
environnement. Et comme aucun de nous ne consentira à faire les (gros) efforts nécessaires à notre survie, mais dommageables à notre précieux petit confort, la messe est dite : l'humanité
disparaîtra, et avec elle, une majorité d'espèces qui ne lui ont rien demandé...
Cet essai vient de sortir en édition poche, chez J'ai Lu.
Pour en savoir plus sur l'auteur, voir son blog : http://www.yves-paccalet.fr/blog/
Présentation éditeur
(Pocket)
Phénomène littéraire sans équivalent depuis les années 50, J.D. Salinger reste le plus mystérieux des écrivains contemporains, et son chef-d'oeuvre, L'attrape-coeur,
roman de l'adolescence le plus lu du monde entier, est l'histoire d'une fugue, celle d'un garçon de la bourgeoisie new-yorkaise chassé de son collège trois jours avant Noël, qui n'ose pas rentrer
chez lui et affronter ses parents. Trois jours de vagabondage et d'aventures cocasses, sordides ou émouvantes, d'incertitude et d'anxiété, à la recherche de soi-même et des autres. L'histoire
éternelle d'un gosse perdu qui cherche des raisons de vivre dans un monde hostile et corrompu.
"Par la densité et l'originalité de sa substance psychologique, par la prodigieuse sûreté de sa facture, sa virtuosité, cet ouvrage m'avait donné l'impression de quelque chose d'exceptionnel
- et aussi de durable, d'incorruptible" Jean-Louis Curtis
Commentaire :
La présentation dit l'essentiel, et elle n'enjolive pas les choses, il y a un côté intemporel dans ce récit écrit pourtant dans les années 40, mais qu'on pourrait transposer à notre époque
quasiment sans toucher un mot. Une fois acclimaté à la narration volontairement gauche du personnage central, il n'est pas difficile d'entrer dans ce roman. Et puis les âmes sensibles ne
seront pas déroutées par un ton trop grave, le livre sonne juste, mais il n'y a rien de vraiment glauque dans ce récit ; à vrai dire je m'attendais à quelque chose de plus violent, mais ça reste
très grand public. Ce livre m'a en tout cas donné envie d'en découvrir un peu plus de cet auteur malheureusement peu prolifique, qui vit reclus depuis les années 50.
Il y avait bien
longtemps que je n'avais parlé de Charles Bukowski, trouvez pas ? Comme les Contes de la folie ordinaire, ce Journal d'un vieux dégueulasse est un recueil de nouvelles, pour la
plupart écrites et publiées à la fin des années 60 dans un canard underground de Los Angeles. Le ton reste le même, des récits plus ou moins autobiographiques mêlant violence, anticonformisme
(non calculé), autodérision et humour corrosif. Le style laisse toutefois plus de côté l'aspect allégorique de certaines nouvelles des Contes de la folie ordinaire.
Dans plusieurs textes, Bukowski se montre également plus attentif à l'actualité et aux mouvements sociaux, tout en restant apolitique, ce qui à mon sens donne plus de force à ses analyses, tirant
toutes leur source dans la nature profondément dégueulasse de l'Homme. Ainsi les révolutionnaires et les conservateurs sont renvoyés dos à dos ; Bukowski en profite pour égratigner Ginsberg et
d'autres auteurs de la beat generation fervents adeptes des postures prophétiques, et inspirateurs des mouvements contestataires des années 60, qu'il dissèque avec la simplicité et en même
temps la finesse qui le caractérisent. Et comme pour mieux dire merde à (aux) l'ordre(s) établi(s), chaque nouvelle de ce recueil est dépouillée des règles de typographie habituelles, Bukowski
ayant opté pour la suppression des majuscules en début de phrase. Et on s'y fait vite, presque aussi vite qu'on adhère à la personnalité sans concession de Bukowski, qui n'est indiscutablement en
rien un écrivain comme les autres. Car n'allez pas croire que Buk se soit laissé prendre à ce dont il se refusait - à savoir être un écrivain engagé - le Journal d'un vieux dégueulasse
est loin de l'exercice de style du pamphlétaire en mal de reconnaissance, Bukowski conserve toute sa légèreté et se complait toujours autant à se mettre en scène dans les situations les plus
farfelues, et c'est encore une fois un régal !
Présentation éditeur (Livre de Poche)
"Voici l'odyssée désenchantée d'un informaticien entre deux âges, jouant son rôle en observant les mouvements humains et les
banalités qui s'échangent autour des machines à café. L'installation d'un progiciel en province lui permettra d'étendre le champ de ses observations, d'anéantir les dernières illusions d'un
collègue - obsédé malchanceux - et d'élaborer une théorie complète du libéralisme, qu'il soit économique ou sexuel."
Commentaire:
Avouer son faible pour Houellebecq, c'est presque devenu équivalent à se vanter d'une maladie honteuse. Alors, je ne sais pas s'il y a risque de contagion, ou si on doit y voir le
signe d'une perversion quelconque, mais j'avoue, j'aime Houellebecq. Mais plutôt le Houellebecq post Extension du domaine de la lutte, qui n'est à mon avis pas son meilleur roman, loin
s'en faut ; en meme temps, il s'agissait de son premier roman. On retrouve tout de même ses thèmes de prédilection (l'absurdité de nos vies, la pénibilité de vivre, la superficialité
des rapports humains, le désespoir...), mais le récit manque un peu de mise en place, c'est un peu brouillon. Le texte est aussi très court, on a un peu la sensation que Houellebecq ne va pas au
bout des choses. Pas mal quand même pour un premier essai, mais sans plus par rapport à ce qu'il a écrit ensuite (Plateforme notamment, qui reste pour moi son meilleur roman, mais je
n'ai pas lu le dernier).
L'étranger était mon entrée en matière dans l'oeuvre de Camus, et c'est aussi un bouquin qui
aura laissé des traces. Le thème de la vie présenté sous toute son absurdité est abordé de manière particulièrement forte, et au delà de l'aspect dérisoire de toute existence, ce
sont aussi les rapports sociaux entre les hommes qui prennent une forme particulièrement cinglante dans le récit de Camus. Le narrateur - Meursault - n'est pas plus mauvais qu'un
autre, il est simplement différent, et a eu la mauvaise idée de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Le meurtre accidentel d'un jeune arabe sur une plage d'Alger prend une
tournure dramatique à cause de la personnalité incomprise de Meursault. Son indifférence à ce qui l'entoure et ce qu'il vit en fait un monstre aux yeux d'une société qui ne
tolère pas la différence, qui uniformise comportements et caractères, comme s'il n'existait qu'une seule sorte d'homme. Meursault a perdu sa mère, qu'il ne voyait plus depuis longtemps, et
n'éprouve ni peine, ni besoin d'en rajouter auprès de ses congénères pour passer pour le fils modèle qu'il n'a jamais été, ayant perdu la mère modèle qu'elle n'a jamais été non plus. Meursault
est résigné à laisser sa vie entre les mains des autres. La justice se chargera de décider s'il doit vivre ou mourir, mais quelle importance pour un homme que la mort n'effraie pas plus que la
vie ?
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