Présentation éditeur (Livre de Poche)
"Voici l'odyssée désenchantée d'un informaticien entre deux âges, jouant son rôle en observant les mouvements humains et les
banalités qui s'échangent autour des machines à café. L'installation d'un progiciel en province lui permettra d'étendre le champ de ses observations, d'anéantir les dernières illusions d'un
collègue - obsédé malchanceux - et d'élaborer une théorie complète du libéralisme, qu'il soit économique ou sexuel."
Commentaire:
Avouer son faible pour Houellebecq, c'est presque devenu équivalent à se vanter d'une maladie honteuse. Alors, je ne sais pas s'il y a risque de contagion, ou si on doit y voir le
signe d'une perversion quelconque, mais j'avoue, j'aime Houellebecq. Mais plutôt le Houellebecq post Extension du domaine de la lutte, qui n'est à mon avis pas son meilleur roman, loin
s'en faut ; en meme temps, il s'agissait de son premier roman. On retrouve tout de même ses thèmes de prédilection (l'absurdité de nos vies, la pénibilité de vivre, la superficialité
des rapports humains, le désespoir...), mais le récit manque un peu de mise en place, c'est un peu brouillon. Le texte est aussi très court, on a un peu la sensation que Houellebecq ne va pas au
bout des choses. Pas mal quand même pour un premier essai, mais sans plus par rapport à ce qu'il a écrit ensuite (Plateforme notamment, qui reste pour moi son meilleur roman, mais je
n'ai pas lu le dernier).
L'étranger était mon entrée en matière dans l'oeuvre de Camus, et c'est aussi un bouquin qui
aura laissé des traces. Le thème de la vie présenté sous toute son absurdité est abordé de manière particulièrement forte, et au delà de l'aspect dérisoire de toute existence, ce
sont aussi les rapports sociaux entre les hommes qui prennent une forme particulièrement cinglante dans le récit de Camus. Le narrateur - Meursault - n'est pas plus mauvais qu'un
autre, il est simplement différent, et a eu la mauvaise idée de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Le meurtre accidentel d'un jeune arabe sur une plage d'Alger prend une
tournure dramatique à cause de la personnalité incomprise de Meursault. Son indifférence à ce qui l'entoure et ce qu'il vit en fait un monstre aux yeux d'une société qui ne
tolère pas la différence, qui uniformise comportements et caractères, comme s'il n'existait qu'une seule sorte d'homme. Meursault a perdu sa mère, qu'il ne voyait plus depuis longtemps, et
n'éprouve ni peine, ni besoin d'en rajouter auprès de ses congénères pour passer pour le fils modèle qu'il n'a jamais été, ayant perdu la mère modèle qu'elle n'a jamais été non plus. Meursault
est résigné à laisser sa vie entre les mains des autres. La justice se chargera de décider s'il doit vivre ou mourir, mais quelle importance pour un homme que la mort n'effraie pas plus que la
vie ?
Présentation éditeur
(Folio)
"Le seul roman écrit par Ionesco. A trente-cinq ans, un homme fait un héritage et se retire de la vie. Il ne cesse de s'étonner de ses congénères qui continuent à s'agiter, à se battre même,
à aimer, à croire. La recherche de l'oubli, la nostalgie du savoir que nous n'aurons jamais, le sentiment de notre infirmité et du miracle de toute chose, font de cet individu banal un être qui a
la grâce, un mystique pas tellement loin de Pascal."
Commentaire :
J'avais été intrigué par ce bouquin, après avoir lu qu'il s'agissait d'un des livres de chevet de Houellebecq. Ca ne m'a finalement pas étonné, le narrateur est un personnage très "Houellecquien"
: désabusé, amorphe, taciturne, fuyant ses congénères, etc... La première moitié est un peu ennuyeuse (en même temps, la vie du narrateur l'est, donc rien de plus normal), mais le roman
devient de plus en plus intéressant au fil des pages. On dérive sur la fin dans l'anticipation (encore un truc repris dans la plupart des romans de Houellebecq), avec la vision d'une révolution
sanglante sans doute inspirée par les évènements de mai 68 (le roman est sorti en 73 si je ne m'abuse), la fin est assez énigmatique... Un bon roman, qui a certainement été une grande source
d'inspiration pour Houellebecq, et qui pousse un peu à regretter que Ionesco n'en ait écrit qu'un, ses pièces me tentant moins.
J'aime pousser mon masochisme dans ses retranchements. Quoi de mieux pour finir une soirée sans saveur que de s'achever avec une injection de culture bobo dans un esprit...comment
dirais-je... pseudo rock'n'roll ? Pardonnez-moi, mais Guillaume Durand est au rock ce que Jean-Paul II était au sport de haut niveau dans ses dernières années. Il me semblait que,
originellement, le rock allait de pair avec un certain anti-conformisme ; or, que nous montre ce journaliste si ce n'est un conformisme aveugle, et une soumission inconditionnelle à la
propagande soixante-huitarde des Rock & Folk et autres canards au service d'une...comment dirais-je... certaine vision du rock. Vision qui privilégie la forme au fond, qui glorifie
le mythe - et les à-côtés qui le construisent - aux dépens de la musique, mais je m'égare...
Je sens à nouveau s'insinuer le souffle chaud de mon trip favori, celui du donneur de leçons, et alors ? Pourquoi résister ? Inutile. Le programme de ce second numéro d'Esprits Libres
(comprendre par là : des esprits libres de penser comme on le leur a appris) de la rentrée n'avait encore une fois rien d'alléchant, et c'est sans doute ce qui le rendait si délicieux. Des têtes
connues jusqu'à l'écoeurement, des écrivaillons croyant dur comme fer à la force de leur fadeur, de cet enfonceur de portes ouvertes de Olivier Adam (les immigrés clandestins sont tous gentils,
et les flics sont des salauds, tous, sans exception) qui élèverait presque la démagogie au rang d'art si sa sincérité était plus convaincante, à ce béni-oui-oui de Emmanuel Todd, savant
démographe grâce auquel on apprend que le monde va de mieux en mieux, et que l'Éducation Nationale n'a pas le moindre problème d'efficacité dans sa mission de transmission du savoir, on se
dit qu'on assistait une nouvelle fois... comment dirais-je... à un beau diner de con à l'envers, l'invité piégé étant cette fois le plus sensé, celui qui faisait le plus d'efforts pour regarder
la réalité en face, et que chacun ou presque s'amusait... comment dirais-je... à brocarder avec condescendance. Exception faite du maître des lieux, il faut pour une fois le souligner, qui
manifestait quelques bribes d'approbation à l'égard de...comment dirais-je... l'infréquentable, l'infame réactionnaire (l'adjectif n'est-il pas redondant ?), ce fieffé salaud de Finkielkraut.
Finalement, le programme de la semaine passée semblait plus savoureux, avec en point d'orgue la présentation du Dictionnaire de la littérature à l'usage des snobs (et surtout de ceux qui ne
le sont pas), donnant libre cours à de belles invraisemblances, le présentateur d'Esprits Libres - et ses invités que le tout-Paris lui enviait sans doute - se rangeant bien
entendu du côté des humbles que le snobisme écoeure. Isn't It Ironic ? Don't You Think ?
Vendredi 14 septembre 2007
Le premier et à ma connaissance unique passage télé de Charles Bukowski en France avait fait scandale en 1978. En revoyant certains extraits, on se dit que ça avait fait beaucoup de bruit pour
pas grand chose, si ce n'est faire connaître Bukowski en France. Pensez donc : un Buk bourré (quel scoop !) répondant aux questions pas vraiment intéressantes d'un Pivot qui cherchait visiblement
plus le scandale qu'à aller au fond des choses. On n'apprendra d'ailleurs pas grand chose dans cette interview vite torchée, gavée de clichés, mais qui montre un Bukowski malgré tout très
pertinent en dépit des quelques litres de vin blanc qu'il s'est envoyé peu avant. Notamment une vision particulièrement intéressante de son travail, qu'il décrit comme une façon de dire des
vérités en les ornant de juste ce qu'il faut de frivolité pour les rendre plus faciles d'accès que la philosophie des grands penseurs qui, en gros, emmerdent le commun des mortels (qui du coup ne
les écoute pas) en disant - pour certains - les mêmes vérités de manière plus brute.
Bukowski était interviewé en début d'émission, cette vidéo ne présente que cette partie, et sa sortie prématurée, dix minutes avant la fin. Durant le débat des autres invités, Buk - qui
s'ennuyait ferme dans cette ambiance très guindée, comme il le dira plus tard - passait son temps à marmonner et à picoler de plus belle, jusqu'à sa sortie du plateau. Certains garderont l'image
d'un malotru, j'y vois personnellement un homme particulièrement mal à l'aise devant les caméras (je crois d'ailleurs qu'il était venu à l'insistance de son éditeur français), se protégeant comme
il le peut avec sa bouteille...
Présentation éditeur (10/18)
"« Écrit au début des années soixante par un jeune inconnu qui devait se suicider en 1969, à l'âge de trente-deux ans, parce qu'il se croyait un écrivain raté, La Conjuration des imbéciles
n'a été éditée qu'en 1980. Le plus drôle dans cette histoire, pour peu qu'on goûte l'humour noir, c'est qu'aussitôt publié, le roman a connu un immense succès outre-Atlantique et s'est vu
couronné en 1981 par le prestigieux prix Pulitzer. Une façon pour les Américains de démentir à retardement le pied de nez posthume que leur adressait l'écrivain, plaçant en exergue à son livre
cette citation de Swift: "Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui." » - Bernard Le Saux, Le Matin
"
Commentaire:
La question n'était pas de savoir si j'allais parler de ce livre, mais plutôt quand j'allais le faire. Un texte à la fois dense et d'une remarquable fluidité. Il y a
plusieurs manières de percevoir ce récit. On peut y voir un roman burlesque parmi d'autres et passer à côté de sa substance, qui me semble être beaucoup plus subtile. En s'aidant de
personnages hauts en couleur et caricaturaux, John Kennedy Toole en profitait pour égratigner la société moderne et notamment les relations humaines et le dogme du travail. La conjuration des
imbéciles, c'est le malheur d'un personnage hors norme condamné à se trouver une place dans une société qu'il exècre. Gigantesque et énorme dans un monde standardisé, mégalomane averti dans
un milieu social modeste où l'on se doit plutôt de filer droit, homme chaste dans une société jugée obscène, esprit chevaleresque à l'ère du chacun pour soi, et de surcroît hypocondriaque et
paresseux exceptionnel, Ignatius Reilly - trente ans tout juste - est livré à lui-même dans un "monde du travail" qu'il a fui toute sa vie. Fort de ses convictions, il ne cherche pas à
s'adapter au monde, mais plutôt à adapter le monde à ses idées. S'ensuivent une série de quiproquos qui en font quasiment l'ennemi public numéro 1 de la Nouvelle-Orléans. Tour à tour
vendeur de hot dogs dévorant tout son stock de saucisses, archiviste rangeant consciencieusement tous les dossiers qu'on lui confie à la poubelle, leader syndical incompris des ouvriers qu'il
s'est résolu à défendre contre leur gré, Ignatius ne manque pas de ressources pour amener des situations cocasses voire hilarantes, que ce soit par ses actes, son parler moyenâgeux, les
allusions à son anneau pylorique, ou encore les références multiples à son maître à penser, Boèce. Les personnages sont si travaillés, le récit si rondement mené, qu'on se demande comment JKT a
pu être rejeté par tous les éditeurs à qui il a présenté son manuscrit, et plus encore comment il est arrivé à se persuader lui même qu'il n'avait pas de talent. Une explication toute trouvée :
"Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui."
Mercredi 12 septembre 2007
Sans conviction aucune, je me suis mis devant ce
film hier sur France 3, plus par admiration pour Jack Nicholson que par intérêt pour les comédies sentimentales, genre qui aurait tendance à me donner des boutons sous l'over-dose habituelle de
bons sentiments. Mais avec Nicholson, je me suis dit qu'il y aurait peut-être matière à quelques digressions dans le schéma éculé du genre. Un peu à la manière de Pour le pire et pour le
meilleur, qui m'avait bien diverti. Du reste, Nicholson y reprend un peu le même rôle de loup solitaire, à la différence qu'il est ici un coureur de jupons invétéré, dont le tableau de
chasse n'enregistre aucune proie de plus de 30 ans, malgré sa soixantaine bien tassée. Changement de programme après une crise cardiaque qui l'amène à rester cloué au lit quelques jours chez la
mère de sa dernière conquête en date (la divine Amanda Peet ; en aparté : si tu cherches un boyfriend au charme inversement proportionnel au tien, un peu con, pas très facile à vivre,
fauché, et parlant anglais comme un chimpanzé gabonais, je suis libre), bon gré mal gré. Sauf que, miracle du coup de foudre, le voilà entiché de la mère en question (Diane Keaton). La suite n'a
rien de surprenant, la fin est prévisible (ils vécurent heureux, blablabla ; pour les enfants, c'est un peu tard). Divertissement correct, mais sans doute vite oublié. Générique de fin, début de
Soir 3, bye bye Marie Drucker, pas le temps pour les simagrées des humains aujourd'hui, j'ai un Bukowski qui m'attend. Pas de transition, je passe d'une histoire à l'eau de rose au
Journal d'un vieux dégueulasse. Pute borgne (© Bukowski) ! je dois être un peu schizophrène sur les bords, mais ne le dites à personne.
"(...) Bien sûr, on ne peut pas mesurer le goût, ou le manque de goût. Pour un type qui se trouve un trou, il y en a un autre qui se branle. Je ne comprends rien au succès de
Faulkner, du base-ball, de Bob Hope, d'Henry Miller, de Shakespeare, d'Ibsen, des pièces de Tchekhov. G.B. Shaw me fait bâiller. Tolstoï aussi. Guerre et Paix est mon bide le plus sanglant depuis
Le Manteau de Gogol. Mailer, j'en ai déjà parlé. Bob Dylan, à mon avis, en rajoute, mais je dirai que Donovan a du style. Je n'y comprends rien. Boxe, rugby, basket fonctionnent à l'énergie.
Hemingway jeune était bon. Dosto très dur. Sherwood Anderson les yeux fermés. Le Saroyan jeune. Le tennis et l'opéra vous vous les gardez. Les belles bagnoles, du balai. Le fétichisme, mouais.
Bagues, montres, mouais. Le très jeune Gorki. D.H. Lawrence, d'accord. Céline pas de problème. Merde aux oeufs brouillés. Artaud quand il s'énerve. Ginsberg à petites doses. La lutte
gréco-romaine - hein ??? Jeffers, évidemment. Et ainsi de suite, et qui a raison ? Moi, bien sûr. Mais oui, bien sûr. (...)"
Extrait tiré des Contes de la folie ordinaire de Charles Bukowski (disponible en
édition Livre de Poche : 3,80 euros).
Voir l'article Charles BUKOWSKI : Contes de la folie ordinaire
Présentation éditeur (Mille et Une
Nuits)
"Le Terrier, l'une des dernières nouvelles écrites par Franz Kafka (1883-1924), est celle où se mêlent avec le plus de violence l'issue inexorable d'une destinée tragique et
une extraordinaire distanciation comique. L'humour noir atteint ici un paroxysme. Un troglodyte nous fait partager l'extrême ingéniosité de sa vie enterrée, et ce lieu de sécurité maximale
devient celui de tous les dangers ; lieu où ta paix du « chez-soi » devient mortelle : un tombeau pour l'éternité. "
Commentaire:
Une nouvelle inachevée. Franchement déçu, non pas par le thème, qui est du reste très mystérieux (difficile de dire si le narrateur est un humain, une
taupe ou un autre animal encore), mais par la teneur du récit, qui relève plus de la circonvolution narrative que d'une véritable structure avec un début, une fin et une évolution entre l'un et
l'autre. Ca tourne en rond du début à la fin, on a l'impression de revenir sans cesse au point de départ, et au final, comme la nouvelle n'a pas de fin, on n'est pas plus avancé... Je ne sais
plus trop ce qui m'avait attiré dans cette nouvelle, mais ça me donne pas envie de fouiller davantage dans l'oeuvre de Kafka, ce qui est peut-être un tort... Peut-être aurais-je dû commencer par
Le procès ?
Présentation éditeur (10/18)
"L’auteur de Moins que zéro décrit dans son second livre une nouvelle descente aux enfers qui se situe dans l’université. Ses héros, des étudiants issus d’une bourgeoisie typée, trempent,
d’une dérive à l’autre, dans les illusions du sexe et de la drogue, sur un fond de rock... Tout cela au moyen d’une écriture sobre, rapide et brute. Avec ce magnifique et troublant roman, Bret
Easton Ellis nous replonge cet univers noir des années 80, à la rencontre d’une génération désinvolte, cynique et surtout à la recherche de son identité. "
Commentaire:
Comme - me semble-t-il - souvent avec Ellis, pas vraiment d'histoire, mais un portrait de la jeunesse bourgeoise des années 80 particulièrement décadent et donc
troublant. A noter aussi une structure assez originale, où chaque chapitre est une vision personnelle de l'un des personnages : 4 ou 5 personnages principaux se relaient sans cesse (+ quelques
intervenants secondaires) avec bien souvent des interprétations très différentes des évènements qu'ils vivent, en fonction généralement des substances qu'ils ont ingurgitées. J'avais lu il y a
quelques années Moins que zéro qui m'avait fait une bonne impression, mais je pense que celui-ci est plus abouti encore. De quoi donner envie de lire la suite de son oeuvre, c'est
certain.
Règle numéro 1 : ne jamais être trop sûr de ses certitudes. Pas plus tard qu'hier, dans mon avant-propos, je plastronnais en fustigeant maladroitement le narcissisme de la majorité des auteurs de
blogs.
Tombé par hasard sur le blog "Je déteste les nanas", tenu par une certaine Lili. Tout ce que je sais d'elle, c'est qu'elle apprécie Houellebecq (bon début) et tient une chronique au
style pétillant, maniant l'absurde et la légèreté avec un certain brio. Et tout ça en parlant essentiellement d'elle-même et de ses petites expériences quotidiennes.
Mouais, quel est le con qui a prétendu que trainer sur un blog nombriliste permettait de se rassurer sur sa propre valeur ? Je me sens un peu minable sur ce coup là. Pris au piège du
donneur de leçons, oubliant un peu vite que même sans parler directement de ma petite personne, je me célèbre moi aussi tous les jours en mettant en avant mes petits goûts très
sûrs... C'était un peu vite oublier que l'égocentrisme est un des fondements de la nature humaine, certains le pratiquent simplement avec plus de talent et de classe que d'autres, et ça me
semble être le cas de cette mystérieuse Lili.
http://jedetestelesnanas.hautetfort.com/
Le thème de la clochardise n'est pas
nouveau au cinéma, il y avait eu le clochard suicidaire dans Boudu sauvé des eaux (de Jean Renoir) avec Michel Simon dans les années 30, puis le clochard chic et
cultivé dans Archimède le clochard de Gilles Grangier avec Jean Gabin dans les années fin 50 ; on avait connu plus tard le remake américain de Boudu avec Nick Nolte (Le
clochard de Beverly Hills), ou encore Chienne de vie de et avec Mel Brooks, de même que, sous un angle un chouia plus dramatique, Une époque formidable avec Gérard Jugnot
et Richard Bohringer, mais j'avais jusqu'à présent peu eu l'occasion de voir un film sur ce thème traité d'une manière dépourvue d'élément comique pour se concentrer sur l'aspect dramatique du
sujet. Vide comblé avec Le saint de Manhattan, dans lequel on retrouve Danny Glover et Matt Dillon dans une histoire d'amitié assez poignante. Le premier - vieux briscard de la dèche -
prend le second - paumé et souffrant de troubles mentaux - sous sa protection. Les deux hommes se cherchent des raisons d'exister, se mentent à eux-mêmes en se projetant dans l'avenir dans
un milieu qui n'en a aucun, simplement pour se donner une raison de survivre. Un film assez remarquable, disponible en dvd à un prix assez dérisoire. Profitez-en si vous ne l'avez pas encore vu.
Derniers Commentaires