Samedi 15 septembre 2007

J'aime pousser mon masochisme dans ses retranchements. Quoi de mieux pour finir une soirée  sans saveur que de s'achever avec une injection de culture bobo dans un esprit...comment dirais-je... pseudo rock'n'roll ? Pardonnez-moi, mais Guillaume Durand est au rock ce que Jean-Paul II était au sport de haut niveau dans ses dernières années. Il me semblait que, originellement, le rock allait de pair avec un certain anti-conformisme ; or, que nous montre ce journaliste si ce n'est un conformisme aveugle, et une soumission inconditionnelle à la propagande soixante-huitarde des Rock & Folk et autres canards au service d'une...comment dirais-je... certaine vision du rock. Vision qui privilégie la forme au fond, qui glorifie le mythe - et les à-côtés qui le construisent  - aux dépens de la musique, mais je m'égare... 

Je sens à nouveau s'insinuer le souffle chaud de mon trip favori, celui du donneur de leçons, et alors ? Pourquoi résister ? Inutile. Le programme de ce second numéro d'Esprits Libres (comprendre par là : des esprits libres de penser comme on le leur a appris) de la rentrée n'avait encore une fois rien d'alléchant, et c'est sans doute ce qui le rendait si délicieux. Des têtes connues jusqu'à l'écoeurement, des écrivaillons croyant dur comme fer à la force de leur fadeur, de cet enfonceur de portes ouvertes de Olivier Adam (les immigrés clandestins sont tous gentils, et les flics sont des salauds, tous, sans exception) qui élèverait presque la démagogie au rang d'art si sa sincérité était plus convaincante, à ce béni-oui-oui de Emmanuel Todd, savant démographe grâce auquel on apprend que le monde va de mieux en mieux, et que l'Éducation Nationale n'a pas le moindre problème d'efficacité dans sa mission de transmission du savoir, on se dit qu'on assistait une nouvelle fois... comment dirais-je... à un beau diner de con à l'envers, l'invité piégé étant cette fois le plus sensé, celui qui faisait le plus d'efforts pour regarder la réalité en face, et que chacun ou presque s'amusait... comment dirais-je... à brocarder avec condescendance. Exception faite du maître des lieux, il faut pour une fois le souligner, qui manifestait quelques bribes d'approbation à l'égard de...comment dirais-je... l'infréquentable, l'infame réactionnaire (l'adjectif n'est-il pas redondant ?), ce fieffé salaud de Finkielkraut.

Finalement, le programme de la semaine passée semblait plus savoureux, avec en point d'orgue la présentation du Dictionnaire de la littérature à l'usage des snobs (et surtout de ceux qui ne le sont pas), donnant libre cours à de belles invraisemblances, le présentateur d'Esprits Libres - et ses invités que le tout-Paris lui enviait sans doute - se rangeant bien entendu du côté des humbles que le snobisme écoeure. Isn't It Ironic ? Don't You Think ?

par Hank publié dans : Télévision
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Vendredi 14 septembre 2007

Le premier et à ma connaissance unique passage télé de Charles Bukowski en France avait fait scandale en 1978. En revoyant certains extraits, on se dit que ça avait fait beaucoup de bruit pour pas grand chose, si ce n'est faire connaître Bukowski en France. Pensez donc : un Buk bourré (quel scoop !) répondant aux questions pas vraiment intéressantes d'un Pivot qui cherchait visiblement plus le scandale qu'à aller au fond des choses. On n'apprendra d'ailleurs pas grand chose dans cette interview vite torchée, gavée de clichés, mais qui montre un Bukowski malgré tout très pertinent en dépit des quelques litres de vin blanc qu'il s'est envoyé peu avant. Notamment une vision particulièrement intéressante de son travail, qu'il décrit comme une façon de dire des vérités en les ornant de juste ce qu'il faut de frivolité pour les rendre plus faciles d'accès que la philosophie des grands penseurs qui, en gros, emmerdent le commun des mortels (qui du coup ne les écoute pas) en disant - pour certains - les mêmes vérités de manière plus brute.

Bukowski était interviewé en début d'émission, cette vidéo ne présente que cette partie, et sa sortie prématurée, dix minutes avant la fin. Durant le débat des autres invités, Buk - qui s'ennuyait ferme dans cette ambiance très guindée, comme il le dira plus tard - passait son temps à marmonner et à picoler de plus belle, jusqu'à sa sortie du plateau. Certains garderont l'image d'un malotru, j'y vois personnellement un homme particulièrement mal à l'aise devant les caméras (je crois d'ailleurs qu'il était venu à l'insistance de son éditeur français), se protégeant comme il le peut avec sa bouteille...

par Hank publié dans : Télévision
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