J'aime pousser mon masochisme dans ses retranchements. Quoi de mieux pour finir une soirée sans saveur que de s'achever avec une injection de culture bobo dans un esprit...comment
dirais-je... pseudo rock'n'roll ? Pardonnez-moi, mais Guillaume Durand est au rock ce que Jean-Paul II était au sport de haut niveau dans ses dernières années. Il me semblait que,
originellement, le rock allait de pair avec un certain anti-conformisme ; or, que nous montre ce journaliste si ce n'est un conformisme aveugle, et une soumission inconditionnelle à la
propagande soixante-huitarde des Rock & Folk et autres canards au service d'une...comment dirais-je... certaine vision du rock. Vision qui privilégie la forme au fond, qui glorifie
le mythe - et les à-côtés qui le construisent - aux dépens de la musique, mais je m'égare...
Je sens à nouveau s'insinuer le souffle chaud de mon trip favori, celui du donneur de leçons, et alors ? Pourquoi résister ? Inutile. Le programme de ce second numéro d'Esprits Libres
(comprendre par là : des esprits libres de penser comme on le leur a appris) de la rentrée n'avait encore une fois rien d'alléchant, et c'est sans doute ce qui le rendait si délicieux. Des têtes
connues jusqu'à l'écoeurement, des écrivaillons croyant dur comme fer à la force de leur fadeur, de cet enfonceur de portes ouvertes de Olivier Adam (les immigrés clandestins sont tous gentils,
et les flics sont des salauds, tous, sans exception) qui élèverait presque la démagogie au rang d'art si sa sincérité était plus convaincante, à ce béni-oui-oui de Emmanuel Todd, savant
démographe grâce auquel on apprend que le monde va de mieux en mieux, et que l'Éducation Nationale n'a pas le moindre problème d'efficacité dans sa mission de transmission du savoir, on se
dit qu'on assistait une nouvelle fois... comment dirais-je... à un beau diner de con à l'envers, l'invité piégé étant cette fois le plus sensé, celui qui faisait le plus d'efforts pour regarder
la réalité en face, et que chacun ou presque s'amusait... comment dirais-je... à brocarder avec condescendance. Exception faite du maître des lieux, il faut pour une fois le souligner, qui
manifestait quelques bribes d'approbation à l'égard de...comment dirais-je... l'infréquentable, l'infame réactionnaire (l'adjectif n'est-il pas redondant ?), ce fieffé salaud de Finkielkraut.
Finalement, le programme de la semaine passée semblait plus savoureux, avec en point d'orgue la présentation du Dictionnaire de la littérature à l'usage des snobs (et surtout de ceux qui ne
le sont pas), donnant libre cours à de belles invraisemblances, le présentateur d'Esprits Libres - et ses invités que le tout-Paris lui enviait sans doute - se rangeant bien
entendu du côté des humbles que le snobisme écoeure. Isn't It Ironic ? Don't You Think ?
ajouter un commentaire commentaires (0) recommander créer un trackback
Derniers Commentaires