Dimanche 3 février 2008

dostoievski-crimeetchatiment.jpgComme on peut s'en rendre compte en parcourant la liste des livres commentés sur ce blog, la littérature classique n'est pas franchement ma tasse de thé. La majorité des auteurs que j'ai tenté de lire m'ennuient rapidement. Si j'ai parfaitement conscience de l'impact qu'ont eues ces oeuvres sur l'évolution de la société, par l'apport d'idées nouvelles, de regards inconvenants, ou de l'intérêt historique qu'elles représentent pour comprendre une époque, le style précieux et souvent emphatique de la plupart des auteurs des siècles passés me laisse de marbre, quand il ne me rebute pas tout simplement. Pourtant, par vice ou par crainte de passer à côté de quelque chose, je m'entête, je force ma nature, comme ici, avec Dostoïevski, ce chef de file de la littérature russe du XIXème siècle auquel on prête un tempérament assez révolté. Loin d'être déçu par sa fine analyse psychologique du repentir du jeune criminel Raskolnikov, le déroulement de l'histoire de Crime et châtiment est plombé à mon sens par les longueurs que je reproche à la plupart des romans de cette époque. La lecture de certains descriptifs de situations, de lieux (à quoi bon connaitre la disposition précise des meubles dans une pièce ?), rend la lecture assez laborieuse sur certains passages. Des 900 pages que compte l'édition que j'ai lue (différente de l'illustration), il m'a semblé qu'on aurait pu se passer du tiers en dépouillant le texte des passages superflus. Mais vous allez dire : pour qui se prend-il celui là, pour se permettre de donner des leçons à un écrivain aussi illustre ? Pas faux. Le principal intérêt de ce livre, pour moi, c'est donc sa psychologie, le basculement progressif vers la paranoïa la plus aiguë de Raskolnikov est décrit avec une précision sans doute rarement atteinte. Les relations entre les différents personnages sont également rondement menées. A ce titre, le jeu du chat et de la souris que se livrent Raskolnikov et le rusé juge Petrovic est très intéressant, tout comme la relation complexe entre Raskolnikov et le cynique Svidrigailov. L'histoire d'amour entre Raskolnikov et Sonia est à l'inverse peu passionnante, car lestée d'une pudeur embarrassante. Je suis donc toujours à la recherche du roman classique qui me fera chavirer, celui qui ne se perdra pas dans les affres de l'esthétisme indigeste et de l'épique surjoué, mais qui au contraire foncera tête baissée dans les convenances. Je doute que ce roman ait été écrit avant le XXème siècle.

par Hank publié dans : Littérature classique
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