Le canadien Douglas Coupland
avait tout juste trente ans lorsqu'il sortit ce "manifeste de ceux qui ont eu l'idée imbécile de naître entre 1960 et 1970" pour reprendre une critique au sujet de ce roman, qui me
paraît être l'un des plus marquants de la génération d'écrivains des années 1980/1990, celle là même qui a vu éclore Bret Easton Ellis, auquel on peut naturellement rattacher Douglas Coupland.
Génération X, c'est le roman d'une génération à la dérive, une jeunesse sacrifiée sur l'autel de la Sainte Économie. C'est l'histoire de trois paumés (deux hommes et une jeune femme)
accumulant les petits boulots sans lendemain, et naviguant dans un quotidien sans avenir, avec pour seule consolation la satisfaction d'avoir trouvé une amitié solide comme échappatoire à la
solitude. C'est l'histoire plate d'une jeunesse sans but ni rêve, condamnée à vivre dans un monde qui n'a pas besoin d'elle. Mais Génération X, c'est surtout le roman que pourront sans
doute s'approprier encore bien des générations futures sans avoir à changer grand chose pour s'identifier à leurs ainés. L'histoire ne dit pas ce qu'est devenue cette génération X quinze années
plus tard, si elle a trouvé sa place dans la société. Ce qui est plus certain, c'est que la génération qui a pris le relais n'a pas plus d'avenir que les quadras d'aujourd'hui ne
pensaient en avoir.
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